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« Art Deco and Fashion, Centering on the Kyoto Costume Institute Collection » au Mitsubishi Ichigokan Museum (Tokyo) jusqu’au 25 janvier 2026

Des expositions se sont tenues dans le monde entier – Paris, Bruxelles, New York, Houston, Osaka, Tokyo…- en 2025 pour célébrer le 100e anniversaire du mouvement Art déco.

Né dans les années 1910, celui-ci a en effet atteint son paroxysme en 1925, avec la tenue de l’Exposition des arts décoratifs et industriels modernes à Paris, qui lui donne son nom d’ »Art déco » – beaucoup plus tardivement, dans les années 60.

Il s’agit alors d’exprimer « un décor idéal pour une vie nouvelle », périmant les courbes et fioritures de l’Art Nouveau de la fin du 19e siècle pour marquer le véritable avènement de l’art moderne, qui se caractérise par un style épuré et géométrique, nourri du cubisme et des premières avant-gardes, mais en même temps empreint de classicisme, tant dans ses thématiques que dans le retour à la figuration, en peinture et en sculpture notamment.

Alors que les expositions de Paris se concentrent sur l’architecture (à la Cité de l’architecture et du patrimoine), les objets et les décors, notamment ceux des paquebots transatlantiques ou de l’Orient-Express reconstitués pour l’occasion au musée des Arts décoratifs, l’exposition du Musée Mitsubishi Ichigokan de Tokyo explore les avancées de ce mouvement artistique dans le monde de la mode qui accompagne ou même parfois devance l’émancipation des femmes : adieu corsets, dentelles et fanfreluches de la Belle Époque, bonjour robes courtes, fume-cigarettes et coupes « à la garçonne » !

Ses créateurs parmi lesquels les femmes, telles Gabrielle Chanel, Madeleine Vionnet, Jeanne Lanvin ou Caroline Reboux, ont la part belle, révolutionnent les codes du vêtement, imposant silhouettes droites et allongées, tailles basses, robes courtes, bas, motifs géométriques et stylisés inspirés des arts antiques, africains ou asiatiques. Les tissus sont légers (soie, satin, crêpe, mousseline) rehaussés de perles, paillettes et strass que l’on retrouve aussi sur les accessoires, notamment les chaussures abondamment peintes et ornées, jusqu’au talon !

C’est cette révolution que présente le musée Mitsubishi Ichigokan de Tokyo avec des costumes splendidement conservés de grands couturiers de ces « Années folles » dont Paul Poiret et Jean Patou, Chanel, etc. mais aussi des bijoux ou accessoires (gants, porte-cigarettes, sacs, poudriers, rouges à lèvres…) pratiques, compacts et raffinés, adaptés aux besoins de la femme nouvelle, active, sportive et cultivée.

Un style et un état d’esprit en résonance profonde avec notre époque, d’où sans doute, l’intérêt qu’on lui porte encore aujourd’hui, aux quatre coins du monde !

https://mimt.jp/ex/artdeco2025

Affiche de l’exposition
Robert Bonfils, affiche pour l’« Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes », 1925, Musée et Archives de l’Institut de technologie de Kyoto.
Chanel, robe du soir, 1928. Photographie : Hatakeyama Takashi.
Douillet, robe du soir, vers 1925. Photographie : Hatakeyama Takashi.
Madeleine Vionnet, robe du soir, 1929. Photographie : Hatakeyama Takashi. Collection de l’Institut du costume de Kyoto.
Jean Patou, tenue de plage, vers 1929. Photographie : Hatakeyama Takashi.
Jean Dunand, boucle (au centre à droite), poudrier (en haut, au centre gauche et en bas), vers 1925, Institut du costume de Kyoto. Photographie : Hatakeyama Takashi. Collection de l’Institut du costume de Kyoto.
Talons de chaussures, vers 1925, Institut du costume de Kyoto. Photographie : Hirokawa Taishi.
Poudrier (deux modèles), début des années 1920, Kanebo Cosmetics (collection de poudriers anciens). Photographie: Wakabayashi Hayato.
Pendule-briquet, Dunhill, années 1920, collection particulière. Photographie : Wakabayashi Hayato.
René Lalique, vaporisateur Sans adieu (« Je ne dirai pas adieu ») pour Worth, 1929, Musée Lalique, Hakone.
Raoul Dufy, Modèles en vêtements de Poiret, à l’hippodrome, 1923 (œuvre réalisée en 1943), Musée Artizon de la Fondation Ishibashi.
Jacqueline Malval, Václav Nijinski et Tamara Karsavina, vers 1910, collection particulière / avec la collaboration du Comité Jacqueline Malval (Paris).
Moïse Kisling, Mademoiselle Falconetti, 1927, Musée d’art Pola.