Le Petit Journal

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Artistes français et francophones du Japon : LOLA, peintre, poète, vidéaste (Bassin d’Arcachon)

*VOTRE PREMIER CONTACT AVEC L’ART ET CE QUI FAIT QUE VOUS ÊTES DEVENUE ARTISTE

Je dessinais avant de savoir parler. Ça vient peut-être de là.

Comme une urgence de m’exprimer. C’est vital. Ça ne m’a jamais quitté.

De mes 7 à 14 ans je prenais des cours de calligraphie. J’ai aussi fait un peu de ballet et danse contemporaine, de la batterie, du chant, du piano à la maison ; au lieu de faire les devoirs, je dessinais, je chantais.

C’est ma façon de traverser… tout. Et de me laisser traverser. Je fais peut-être le ménage de toutes mes pensées du moment, mes désirs, mes tracas, je polis mes rêves. Je suis l’instrument.

Mais j’en ai vraiment pris conscience il y a peut-être deux ou trois ans. Et encore…

Je suis très heureuse et reconnaissante d’avoir rencontré Myriam Kryger, curatrice de l’exposition Nos Liens Invisibles à l’Espace Culturel Icicle à Shanghai et Paris en 2025 et 2026. Grâce à elle, je devrais moins entendre « Tu veux pas te trouver un vrai travail ? » .

Être artiste, c’est 24h sur 24. Les nuits, je peins dans mes rêves aussi.

*TROIS OEUVRES

1. Chouette (2023, acrylique sur papier, 27 x 34 cm)

— les griffures sur les Écorces

les chants dans les Coquillages

L’oiseau joue avec le vent

La chouette, c’est la déesse de nos nuits et son chant titille nos rêves endormis si on se donne la joie de l’écouter.

2. 007 (2025, acrylique et aquarelle sur papier, 24x 33 cm)

— Écoute !

Non, pas là.

Là !

T’entends ?

Les Fougères !

007 porte toutes les couleurs de la Terre. Rebelle par sa joie de vivre, et avec ses antennes invisibles toujours pointées vers la constellation du dragon, une seule chose l’obsède : s’amuser. S’éclater. Déconner. Chaque jour.

3. Plumes flottantes (2025, acrylique sur papier, 27 x 42 cm)

— Tu vas où comme ça ?

Acheter des oiseaux pour les rendre au ciel.

Vous souvenez-vous de l’immense incendie en juillet 2022 qui a ravagé 32000 hectares en Gironde? J’y avais passé des nuits dans ces forêts. L’année suivante, et même celle d’après, le feu repartait. C’est le feu zombie. Un feu souterrain qui refait surface.

Plumes flottantes, pour moi, va avec Feux mes pins, j’imaginais les animaux partir en fumée avec les forêts, les oiseaux flotter sur le lac de Cazaux.

* VOUS ET LE JAPON

Je suis née au Japon avec l’été et le tonnerre, en 1990, à Okazaki.

Jusqu’à mes 6 – 7ans, je refusais de parler le français, je piquais des crises : « Lo-chan wa nihongo jin! » (« Je suis enfant de la langue japonaise ! »).

J’ai grandi entourée d’art et d’artistes, j’adorais les spectacles de Kabuki. La culture et l’art japonais m’ont bercée durant toute mon enfance et mon adolescence. Même loin du pays, ils me porteront toujours.

J’ai ma petite sœur, mon petit frère et toute une famille de coeur au Japon, surtout à Tokyo et à Okinawa. Le voyage n’est pas donné, je n’y retourne malheureusement pas assez souvent. Mais j’aimerais beaucoup. Au moins une fois par an ou tous les deux ans. Et idéalement assez prochainement avec une exposition !

* VOTRE PARCOURS

En dehors de l’école, j’étais très occupée par mes cours de calligraphie, et danser, chanter, rêver, me rebeller, et m’ennuyer aussi. J’ai rapidement adoré la scène, et à 18ans, dans le rôle de « utahime », j’ai chanté dans un spectacle de l’accordéoniste COBA. De mes 18 à 27 ans j’ai fait énormément de théâtre à Montréal, puis à Paris.

En 2017, Avignon Off. Ça se passe bien, mais il me faut autre chose. Un projet personnel, un voyage. L’appel du sauvage. J’emprunte une caméra et je pars réaliser des portraits de femmes et d’hommes vivant en harmonie avec la nature. J’ai suivi Skaya, ancienne présidente de bassin d’Arcachon Écologie, dans les forêts de Cazaux, l’apiculteur Fantin dans les Pyrénées, Monsieur Gérard et ses chèvres au Lac du Salagou dans l’Hérault, et sur le bassin d’Arcachon, Tio le Lama et Renaud, Arnaud spécialiste des hyppocampes.

Et de portrait en portrait, mon désir d’être proche des paysages sauvages et de leurs vivants se confirmait.

J’ai quitté Paris, je me suis installée à la mer.

Parfois je me dis que c’est la plus belle formation que j’ai eu : la solitude.

En forêt, à la plage, avec les couchers de soleil, le matin très tôt, les premiers oiseaux, les couleurs de l’aube, et le temps. Le chaos intérieur. Et le silence. La paix intérieure.

J’ai eu pas mal de coups durs ces dernières années, et la peinture m’a aidée à traverser les tempêtes. Je n’étais pas sûre de revenir à la surface. Larmes du réveil, à quoi bon le soleil, assise par terre, de l’eau, du papier, un peu d’acrylique, et me laisser aller. C’est tout ce que j’arrivais à faire. Et c’est devenu un jeu, comme un tarot. Un voyage. Qu’est-ce que je ressens ? Quel animal veut sortir ?

Je ne connaissais rien à la réalisation, j’ai appris en faisant. Et pareil pour la peinture. Autodidacte.

* VOS SOURCES D’INSPIRATION

Mes grands professeurs sont les forêts, le vivant. Ils éveillent ma paix, mon feu, mon sauvage intérieur.

— Dans la jungle je pollen, je tige, et je me trèfle.

J’aime tout ce qui est brut, simple, pur et puissant, qui va à l’essentiel. Et l’humour et le surréalisme aussi.

J’aime énormément les travaux de Munakata Shikō, Kiki Smith, Leonora Carrigton, Vincent Munier, Michael Kenna, les gravures de Bokunen, l’art antique grec, égyptien.

* VOS TECHNIQUES

J’ai des envies. Ça me prend. Je bondis.

Je ne sais jamais si ce sera la guitare ou l’acrylique, la caméra ou les pétales, les pierres ou les brindilles.

C’est imprévu et je surfe dessus.

Comme je sens. Comme ça vient.

Pour la peinture, je me laisse guider par l’eau.

Sans rien prévoir, je fais confiance. Et je laisse danser la main.

Selon l’humeur, mes pensées, mes joies, mes tourments,

une pointe d’acrylique, fusain ou aquarelle, avec ce qui est là, à ce moment-là.

Je veux me surprendre.

* UN RÊVE

Je rêve d’un atelier en pleine forêt. Y faire mon nid et mon jardin palette.

J’y planterai des fleurs pour la teinture, pour les pigments de peinture, des osiers pour la vannerie, du murier pour le papier, de la mousse et des fougères, une serre aussi, des plantes aromatiques, médicinales, et mon potager, et les oiseaux traverseront les fenêtres de l’atelier, les écureuils auront leur coin, le matin je saluerai les cerfs et la nuit, allumée comme une étoile j’irais en forêt, écouter son chant. J’y planterai le plus de fruitiers possibles aussi.

Parfois un animal jaillit et je me dis « c’est exactement ce que je ressens ».

Créer me permet d’être sincère, sans les mots. Comme les animaux.

Toucher du cœur et danser avec l’invisible.

https://lolabret.com

xposition de Lola chez Icicle à Paris (prolongation jusqu’au 13 mars 2026) :

https://eu.icicle.com/en/pages/lola-paris-cultural-space

Exposition chez Icicle en 2025:

https://eu.icicle.com/en/pages/lola-bret-exhibition

Chouette, 2023, acrylique sur papier, 27 x 34 cm ©Lola Bret

—  les griffures sur les Écorces
            les chants dans les Coquillages
L’oiseau joue avec le vent
007, 2025, acrylique et aquarelle sur papier, 24 x 33 cm ©Lola Bret

— Écoute !
Non, pas là.
Là !
T’entends ?

Les Fougères !
Plumes flottantes, 2025, acrylique sur papier, 27 x 42 cm ©Lola Bret

Tu vas où comme ça ?
Acheter des oiseaux pour les rendre au ciel.
Feux mes pins, 2025, acrylique sur papier, 37,2 × 46,8 cm ©Lola Bret
All clear, 2025, aquarelle et acrylique sur papier, 26,6 x 37,1 cm ©Lola Bret
Le tigre a faim, 2025, aquarelle et acrylique sur papier, 20,1 x 26,5 cm ©Lola Bret
Avant l’envol, 2023, acrylique sur papier, 43 x 33 cm ©Lola Bret
Le rêve et la nuit, 2025, acrylique et broux de noix sur papier, 39,9 x 29,2 cm ©Lola Bret
Soleil vivant, 2025, aquarelle et acrylique sur papier, 29,1 x 39,5 cm ©Lola Bret
Tree Time, 2024, acrylique sur papier, 42 x 27 cm ©Lola Bret
Autoportrait ©Lola Bret