Au musée Marmottan, le sommeil dans tous ces états est révélé par une exposition inédite.
Dès l’entrée, dans le silence du petit salon rond couvert de velours bleu, le visiteur découvre des toiles montrant des endormis. Saint Pierre, au crâne chauve, la tête posée sur ses bras de Giuseppe Antonio Petrini (1677 – 1755/1759), un homme dans un fauteuil de Carolus-Duran (1838-1917), une belle jeune fille tenant un mouchoir, -a-t-elle pleuré ? -, abandonnée dans son sommeil, d’un peintre anonyme (v.1617-1620), un bébé aux joues rouges, Jean, le fils de Monet (1840-1926), etc. invitent presque à marcher sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller ces superbes représentations des quatre âges de la vie.
Sous le commissariat de Laura Bossi, neurologue et historienne des sciences, et de Sylvie Carlier, directrice des collections du musée, l’exposition s’intéresse aux liens entre l’art, la science et la psychanalyse.
Indispensable à l’être humain, le sommeil occupe une grande partie de nos vies. Depuis les temps anciens, cet « état de vigilance suspendu » a inspiré les artistes. Aussi, le visiteur découvre-t-il des créations réalisées pour la plupart entre le XIXe siècle et le XXe siècle, où l’étude du sommeil s’est développée.
D’autres œuvres de l’Antiquité, du Moyen Âge, des Temps Modernes et de l’époque contemporaine enrichissent ce vaste sujet. Le sommeil de l’innocent, le songe dans les récits bibliques, l’ambivalence du sommeil entre le repos et la mort, le corps assoupi et la sensualité qu’il éveille, les rêves, les cauchemars, le somnambulisme… et la chambre à coucher sont illustrés par plus de cent-trente œuvres, peintures, sculptures, dessins, gravures, objets, documents scientifiques, provenant de collections privées et de grandes institutions françaises et internationales.
Passionnant parcours qui maintient éveillé !
Geneviève Gigon







